Mai sans tondeuse :
pourquoi laisser la nature reprendre ses droits ?

Au printemps, la tentation est grande de sortir la tondeuse pour entretenir pelouses et jardins. Pourtant, depuis plusieurs années, l’initiative « Mai sans tondeuse » invite particuliers et collectivités à lever le pied sur la tonte pour favoriser la biodiversité. Ce geste simple, mais impactant, offre un répit aux insectes pollinisateurs et aux plantes sauvages, tout en rendant les espaces verts plus résilients face aux changements climatiques.

Un geste pour la biodiversité

Les abeilles, papillons et autres pollinisateurs jouent un rôle essentiel dans la reproduction des plantes et la production alimentaire. Or, la tonte fréquente réduit drastiquement leurs ressources en nectar et en pollen. En laissant pousser l’herbe et les fleurs spontanées, on leur offre un véritable refuge et une source de nourriture abondante.
De plus, une prairie haute abrite de nombreux petits animaux : coccinelles, hérissons et autres auxiliaires du jardin trouvent ainsi un habitat préservé. Moins tondre, c’est donc recréer un écosystème favorable à la faune locale.
Une meilleure résilience écologique
L’herbe haute protège naturellement le sol contre l’érosion et limite l’évaporation de l’eau, ce qui est particulièrement utile en période de sécheresse. Un sol couvert conserve mieux l’humidité et favorise la vie microbienne, essentielle à sa fertilité.
En réduisant la fréquence des tontes, on diminue aussi la consommation d’énergie et l’émission de CO₂ liées à l’utilisation des tondeuses thermiques. Un pas simple vers une gestion plus écologique des espaces verts.

Comment participer ?
Adopter « Mai sans tondeuse » ne signifie pas transformer son jardin en friche, mais plutôt adapter l’entretien des espaces verts en suivant quelques principes :
- Laisser une partie du jardin en herbe haute : même une petite zone non tondue suffit à attirer pollinisateurs et autres insectes.
- Tondre progressivement : alterner les zones tondues et non tondues permet de préserver la biodiversité tout en gardant un jardin entretenu.
- Observer la nature : noter quelles fleurs apparaissent et quels insectes visitent ces nouvelles prairies naturelles.
Un mouvement en pleine expansion

Lancé initialement au Royaume-Uni sous le nom de No Mow May, le concept s’est répandu en France et séduit de plus en plus de communes et de particuliers. Certaines villes réduisent la tonte des espaces publics et expérimentent des pratiques de gestion différenciée pour concilier esthétique et respect de la biodiversité.
En participant à « Mai sans tondeuse », chacun contribue à un mouvement collectif en faveur de la nature. Laisser l’herbe pousser en mai, c’est offrir un mois de répit aux écosystèmes et redécouvrir la richesse des plantes spontanées. Alors, cette année, pourquoi ne pas essayer ?
